BEIJING, 6 mars -- Shan Jixiang, directeur
de l'Administration d'Etat du Patrimoine culturel , a nié
vendredi l'implication du gouvernement chinois dans l'achat des deux
pièces en bronze pillées de l'ancien Palais d'été Yuanmingyuan et vendus
aux enchères par Christie's à Paris, indiquant que l'enchérisseur avait
agi de manière privée.
"L'achat était un acte personnel", a indiqué Shan
Jixiang.
M. Shan a déclaré que le département du patrimoine
culturel nesavait rien de l'achat avant que l'enchérisseur n'annonce son
identité lundi. "L'AEPC n'a rien à voir avec l'affaire", a-t-il fait
savoir.
La Chine a essayé à plusieurs reprises de dissuader
Christie'sde mettre aux enchères les deux bronzes, une tête de rat et une
autre de lapin, qui faisaient partie d'une série de 12 têtes
animales décorant une fontaine dans l'ancien Palais d'été de la
Dynastie des Qing . Ils furent pillés par la coalition
militaire anglo-française pendant la Seconde Guerre de l'Opium en
1860.
Les deux bronzes ont été vendues aux enchères pour
14 millionsd'euros chacun la semaine dernière.
Les départements du patrimoine culturel chinois ont réagi en
imposant un contrôle strict de l'import-export par Christie's en
Chine.
Lundi, le collectionneur chinois Cai Mingchao a
reconnu son statut d'enchérisseur mais a refusé de payer les deux bronzes,
cesdernières ne pouvant pas entrer en Chine à cause du contrôle
strict de l'AEPC.
Shan Jixiang a cependant indiqué que le nouveau
règlement ne s'appliquait qu'aux pièces soumises par Christie's aux
départements culturels chinois pour les contrôles d'entrée ou de
sortie. Le règlement n'empêche donc pas le retour des reliques
chinoises pillées, a-t-il ajouté.
Shan Jixiang a aussi démenti des rapports selon
lesquels Christie's avait proposé au gouvernement chinois d'acheter les
deux pièces à bas prix.
Christie's a exprimé sa volonté de coopérer avec le
gouvernement chinois, mais il n'a jamais essayé de vendre les
deuxbronzes à la Chine à bas prix, a fait savoir M. Shan.
L'AEPC a annoncé dans un communiqué que la Chine
s'efforceraitd'obtenir le retour de ces sculptures "par tous les moyens en
vertu des conventions internationales et des lois chinoises
intéressées".

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