HOUSTON, 2 mars
-- La crise économique mondiale et le changement climatique
pourraient marquer un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et
la Chine. Les deux pays doivent travailler en commun contre leurs deux
"ennemis" pour leur propre bien-être et celui du monde entier, a indiqué
un expert américain.
"Cela pourrait marquer un tournant. La mauvaise
situation de l'économie mondiale et le changement climatique sont des
ennemis que la Chine et des Etats-Unis doivent affronter ensemble", a
déclaré Orville Schell, directeur du Centre de la société asiatique
sur les relations américano-chinoises, en marge de la conférence annuelle
de ce centre, jeudi à Houston.
"Je pense que grâce à ce que Mao Zedong, Zhou Enlai
et Richard Nixon ont fait en 1972, le monde est plus sûr. Et je suis aussi
persuadé que si les Etats-Unis et la Chine trouvent un moyen pour
coopérer dès à présent sur l'économie mondiale et le changement
climatique, le monde sera beaucoup plus sûr dans dix ans", a-t-il
ajouté.
M. Schell a qualifié la relation sino-américain de
"lien le plus important et le plus dynamique que les Etats-Unis et la
Chinen'aient jamais connu".
Les Etats-Unis sont le second partenaire commercial
de la Chineet inversement. Les statistiques montrent qu'en dépit du
ralentissement de l'économie mondiale, le volume des échanges
commerciaux entre les deux pays a augmenté de 11,6% au cours des
onze premiers mois de 2008 pour atteindre 307,8 milliards de dollars
américains.
De l'avis de M. Schell, l'administration Bush a très
bien géré les relations entre les deux pays mais n'a apporté aucun
changement siginificatif.
L'administration Obama, comme le sous-entendent les
signes émislors de la récente visite de la secrétaire d'Etat américaine
Hillary Clinton en Chine, veut modifier la nature fondamentale
desrelations bilatérales en trouvant des domaines de coopération,
a-t-il estimé.
"Je suis content qu'elle souhaite
identifier des domaines pour une nouvelle coopération, au lieu de parler
simplement des vieilles questions qui sont parfois assez
controversées", a déclaré M. Schell. "Je pense qu'elle a décidé
qu'elle veut trouver un moyen de coopérer, donc les questions qui
nous divisent seront plus faciles à résoudre".
Pour les Etats-Unis, la question de l'économie est
la priorité à court terme et celle du changement climatique constitue un
pointprimordial à long terme, sur lequel la secrétaire d'Etat Clinton
souhaite coopérer avec la Chine, selon M. Schell.
"Je pense que la situaltion est très difficile,
particulièrement dans le secteur économique. Pour ce qui est du
changement climatique, nous nous trouvons dans une situation
beaucoup plus sérieuse que ce que la plupart des gens veulent
biencroire", a-t-il dit.
Concernant l'avenir des relations
américano-chinoises, M. Schell a indiqué que les questions liées au
commerce, à l'achat debons du Trésor américains et au protectionnisme
commercial sont très importantes, et que le Congrès américain peut parfois
constituer un obstacle sur ces questions.
Mais la nouvelle administration américaine va dans
la bonne direction, a-t-il indiqué, estimant avec optimisme que
l'administration Obama sera suffisamment intelligente pour
prendreles bonnes décisions à l'avenir.
"Comme la secrétaire Clinton l'a dit lors
de sa visite,nous devons identifier des secteurs de coopération et de
collaboration et nous allons entreprendre cette tâche rapidement.
L'économie et le changement climatique sont les deux secteurs sur
lesquels nous allons nous concentrer", a déclaré M. Schell.
Etant donné que le dialogue entre les Etats-Unis et
la Chine a été porté à un niveau plus élevé, M. Schell a estimé qu'il y
aura deux discussions entre les pays, l'une sur l'économie et l'autre
sur l'énergie, le changement climatique et la prolifération
nucléaire.
"La Chine et les Etats-Unis sont partenaires, et les
choses doivent continuer ainsi", a indiqué M. Schell. "Le changement
climatique est une question cruciale dans laquelle nous sommes tous
impliqués, nous avons les mêmes responsabilités et partageonsles mêmes
intérêts, nous avons autant à perdre qu'à gagner", a-t-il ajouté.

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