mercredi 4 mars 2009

Interview:La crise économique, un "tournant" dans les relations entre les  Etats-Unis et la Chine

HOUSTON, 2 mars

-- La crise économique mondiale et le changement climatique

pourraient marquer un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et

la Chine. Les deux pays doivent travailler en commun contre leurs deux

"ennemis" pour leur propre bien-être et celui du monde entier, a indiqué

un expert américain.

"Cela pourrait marquer un tournant. La mauvaise

situation de l'économie mondiale et le changement climatique sont des

ennemis que la Chine et des Etats-Unis doivent affronter ensemble", a

déclaré Orville Schell, directeur du Centre de la société asiatique

sur les relations américano-chinoises, en marge de la conférence annuelle

de ce centre, jeudi à Houston.

"Je pense que grâce à ce que Mao Zedong, Zhou Enlai

et Richard Nixon ont fait en 1972, le monde est plus sûr. Et je suis aussi

persuadé que si les Etats-Unis et la Chine trouvent un moyen pour

coopérer dès à présent sur l'économie mondiale et le changement

climatique, le monde sera beaucoup plus sûr dans dix ans", a-t-il

ajouté.

M. Schell a qualifié la relation sino-américain de

"lien le plus important et le plus dynamique que les Etats-Unis et la

Chinen'aient jamais connu".

Les Etats-Unis sont le second partenaire commercial

de la Chineet inversement. Les statistiques montrent qu'en dépit du

ralentissement de l'économie mondiale, le volume des échanges

commerciaux entre les deux pays a augmenté de 11,6% au cours des

onze premiers mois de 2008 pour atteindre 307,8 milliards de dollars

américains.

De l'avis de M. Schell, l'administration Bush a très

bien géré les relations entre les deux pays mais n'a apporté aucun

changement siginificatif.

L'administration Obama, comme le sous-entendent les

signes émislors de la récente visite de la secrétaire d'Etat américaine

Hillary Clinton en Chine, veut modifier la nature fondamentale

desrelations bilatérales en trouvant des domaines de coopération,

a-t-il estimé.

"Je suis content qu'elle souhaite

identifier des domaines pour une nouvelle coopération, au lieu de parler

simplement des vieilles questions qui sont parfois assez

controversées", a déclaré M. Schell. "Je pense qu'elle a décidé

qu'elle veut trouver un moyen de coopérer, donc les questions qui

nous divisent seront plus faciles à résoudre".

Pour les Etats-Unis, la question de l'économie est

la priorité à court terme et celle du changement climatique constitue un

pointprimordial à long terme, sur lequel la secrétaire d'Etat Clinton

souhaite coopérer avec la Chine, selon M. Schell.

"Je pense que la situaltion est très difficile,

particulièrement dans le secteur économique. Pour ce qui est du

changement climatique, nous nous trouvons dans une situation

beaucoup plus sérieuse que ce que la plupart des gens veulent

biencroire", a-t-il dit.

Concernant l'avenir des relations

américano-chinoises, M. Schell a indiqué que les questions liées au

commerce, à l'achat debons du Trésor américains et au protectionnisme

commercial sont très importantes, et que le Congrès américain peut parfois

constituer un obstacle sur ces questions.

Mais la nouvelle administration américaine va dans

la bonne direction, a-t-il indiqué, estimant avec optimisme que

l'administration Obama sera suffisamment intelligente pour

prendreles bonnes décisions à l'avenir.

"Comme la secrétaire Clinton l'a dit lors

de sa visite,nous devons identifier des secteurs de coopération et de

collaboration et nous allons entreprendre cette tâche rapidement.

L'économie et le changement climatique sont les deux secteurs sur

lesquels nous allons nous concentrer", a déclaré M. Schell.

Etant donné que le dialogue entre les Etats-Unis et

la Chine a été porté à un niveau plus élevé, M. Schell a estimé qu'il y

aura deux discussions entre les pays, l'une sur l'économie et l'autre

sur l'énergie, le changement climatique et la prolifération

nucléaire.

"La Chine et les Etats-Unis sont partenaires, et les

choses doivent continuer ainsi", a indiqué M. Schell. "Le changement

climatique est une question cruciale dans laquelle nous sommes tous

impliqués, nous avons les mêmes responsabilités et partageonsles mêmes

intérêts, nous avons autant à perdre qu'à gagner", a-t-il ajouté.

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