DAVOS
, 2 février -- La coopération internationale, et non le
protectionnisme, est la condition préalable pour une réforme financière
globale, ont déclaré les dirigeants mondiaux et les experts financiers
lors de la session annuelle du Forum économique mondial, tenue du 28
janvier au 1er février à Davos .
Lutter contre le protectionnisme financier
Lors du forum de cinq jours, les participants ont
envoyé un message fort pour lutter contre le protectionnisme financier. Le
Premier ministre britannique, Gordon Brown, a mis en garde contre le
fait que le protectionnisme financier est un danger plus grave que le
protectionnisme dans l'actuel scénario économique mondial.
La coopération entre les grandes puissances et les
institutions financières globales est vitale pour assurer un flux
continu de crédit aux petits pays et à ceux en voie de développement
, qui seront probablement les plus grandes victimes de la récession,
a-t-il ajouté.
Il y a un protectionnisme
implicite dans ce qui se passe actuellement, a indiqué M. Brown, faisant
référence aux mesures deplusieurs pays visant à restreindre le financement
du gouvernementaux institutions financières nationales et à défendre les
opérations d'outre-mer d'en bénéficier ce afin de sauver les banques
en danger.
Cela amène au retrait du capital des opérations
étrangères de ces institutions.
"Si cela continue, ce que vous allez voir est une
forme de protectionnisme financier et d'isolationnisme financier", a-t-il
souligné.
Les PVD, qui probablement souffrent le plus de la
crise globale à cause de leur secteur financier intérieur encore
faible,ont déjà accusé une perte importante de capital, a ajouté M.
Brown.
Cependant, la chancelière
allemande Angela Merkel a déclaré que la crise financière globale pourrait
mener à la formation d'unconseil économique de l'ONU, comme le Conseil de
sécurité de l'ONU,basé sur une charte économique globale.
Réformer les institutions financières
internationales
Les participants au forum sont tombés d'accord qu'un
des plus importants pas pour réformer le système financier global est de
reconstruire les institutions financières internationales tels quele
Fonds monétaire international et la Banque mondiale .
Selon M. Brown, les nouvelles formes des
institutions internationales sont vitales pour régler les futurs
problèmes.
Le FMI devra assumer un rôle plus important dans le
désamorçage des crises et la prévention des crises que de traiter
les post-effets, alors que la BM devra ajuster ses opérations pourun
meilleur règlement des questions environnementales, a-t-il proposé.
Pourtant, il n'est pas facile de renforcer la
coopération financière internationale et de réformer le système financier
global.
Stephen Roach, président de la
Morgan Stanley Asia, a indiquéà l'agence Chinese media qu'une entité financière
multilatérale a besoin de force.
"Le problème est qu'il n'y pas de mécanisme
d'exécution des lois, aucune pénalité pour les mauvaises conduites.
Personne ne veut abandonner l'autorité nationale", selon lui.
Dans une ère de globalisation, seule la coopération
financièreinternationale et la surpervision financière peuvent aident à
établir un système financier global efficace, ce qui a été approuvé
par les économies avancées et émergentes.
Le sommet financier du G-20, tenu en novembre
dernier à Washington, a élaboré un plan pour le nouveau système financier
global. Le sommet financier du G20 de Londres prévu en avril
prochain est censé mettre au point les détails pour réaliser cet
objectif.
Réformer le système
financier
L'actuel système financier doit être "révisé de
manière fondamentale" car il a aggravé la crise économique mondiale, ont
indiqué des experts en finances lors du Forum de Davos.
Certaines règles de ce système, notamment celles
concernant lesrégulations sur la suffisance des capitaux et la
comptabilité juste des valeurs, étaient "bien intentionnées", mais elles
se sont avérées inadéquates, a estimé Stephen Green, président du
groupe HSBC.
"La comptabilité juste des valeurs a ajouté une
volatilité considérable aux résultats, dont seulement une partie est
économique, et le régime de la suffisance des capitaux a entravé de
nombreuses banques avec les réserves obligatoires en spirales justement
quand les clients veulent qu'elles soient flexibles en matière de prêts",
a-t-il expliqué.
Ces règles encouragent les banques à préserver leurs
propres capitaux au lieu de prêter de l'argent à leurs clients, ce qui
estcontre les efforts entrepris par les gouvernements.
Jusqu'à présent, les gouvernements des Etats-Unis et
de la Grande-Bretagne ont adopté une série de politiques fiscales et
monétaires afin d'encourager les banques à renouer avec les
prêts.Les banques centrales des deux pays ont lancé une campagne de
"détente quantitative" en vue d'accroître les approvisionnements
monétaires sur le marché.
Le système financier doit également être moins
influencé, ont indiqué les experts.
Les techniques améliorées de gestion des risques
sont nécessaires et on doit mettre un terme aux systèmes
d'encouragement "jouer le tout pour le tout", tant pour les
commerçants que pour les chefs d'entreprise, ont-t-il indiqué,
ajoutant qu'on doit limiter les dérivées "sauvages" avec des
réserves obligatoires plus rationnelles et plus sûres.
Pour ces experts, les banques doivent désormais
faire la transparence dans leurs affaires et être strictement
contrôlées.

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