mercredi 7 janvier 2009

Chine: l'appel d'Alstom au boycott des trains chinois "sans  fondement"



BEIJING, 6 janvier -- L'appel

du groupe français Alstom au boycott des trains chinois est sans aucun

fondement et reflète son manque de confiance face à la crise financière

mondiale, a rapporté le Global Times dans son édition de mardi.

Philippe Mellier, directeur d'Alstom Transport,

branche ferroviaire du groupe industriel français, a déclaré le 2 janvier

au quotidien économique britannique Financial Times que les pays

occidentaux devraient refuser d'acheter des trains chinois, arguant

de la fermeture progressive du marché chinois aux fournisseurs étrangers.

Il a critiqué le fait que les trains fabriqués par la Chine pour

l'exportation avaient utilisé des technologies étrangères, fournies, selon

lui, à condition qu'ellesne soient pas utilisées en dehors de la Chine.



Ces remarques ont provoqué de vives réactions parmi

les Chinois,surtout les professionnels du secteur de la fabrication des

trains.

Selon le Global Times, les autorités chinoises des

chemins de fer affirment que la Chine n'a signé aucun contrat de nature

exclusive au cours de sa coopération avec les entreprises

étrangères. Il n'existe donc pas de contraintes concernant

l'exportation des technologies vers un autre pays, sans compter que

la propriété intellectuelle des technologies exploitées dans le cadre de

cette coopération appartient à la Chine. Il faut noterque les entreprises

étrangères ont déjà obtenu leurs bénéfices.

Face à la crise financière mondiale et à la

stimulation de lademande intérieure en Chine, les géants occidentaux du

secteur ferroviaire auront plus de mal à se procurer des contrats sur le

marché chinois et international. Le Global Times souligne que les

remarques de Philippe Mellier ne sont qu'une excuse pour

expliquerles difficultés rencontrées par la société en Chine.

Les professionnels chinois de la fabrication de

locomotives estiment également que l'accusation d'Alstom en matière de

"vol" par la Chine des technologies étrangères est sans fondement.

C'est une coopération que les entreprises chinoises

et étrangères mènent, pas un mélange de capitaux. C'est par voie

d'apprentissage, de digestion et d'assimilation que la Chine a réuni

une série de technologies qui doit appartenir à la Chine du point de vue

juridique.

Le journal affirme que les trains exportés par la

Chine vers la Malaisie et des pays africains utilisent tous des

technologies existant depuis longtemps et que la vitesse de ces trains se

situeà environ 160km/h.

Quant aux techniques des trains à grande vitesse CRH

exploitées conjointement par la Chine, le

Japon, la France et l'Allemagne, elles ne sont utilisées que dans le

transport ferroviaire intérieur du pays et n'ont pas été exportées.

Actuellement, le marché des trains en Europe, aux

Etats-Unis et en Russie n'est pas ouvert à la Chine, alors que le marché

chinois du transport ferroviaire et de la fabrication des

locomotives est très ouvert et accessible aux entreprises

étrangères.

Par contre, la Chine s'est heurtée à de nombreuses

difficultés en essayant d'entrer sur le marché européen. La Chine et la

Hongrie envisageaient de coopérer sur un projet ferroviaire, mais

l'Union européenne a catégoriquement refusé.

La Chine possède maintenant des technologies

avancées sur le plan de la fabrication des trains, et ses entreprises

bénéficient d'un coût de revient relativement bas par rapport à la

concurrenceinternationale, indique le Global Times, citant l'économiste en

chef adjoint de la China South Locomotive Rolling Stock

Corporation Limited, Wang Gongcheng.

Rien qu'en 2008, cette entreprise chinoise a signé

des contratsd'exportation d'une valeur de plus de 700 millions de dollars,

contre seulement des dizaines de millions de dollars en 2000.

Le Global Times indique que ces dernières années, le

secteur dela fabrication des trains chinois s'est rapidement développé. Il

existe par conséquent de moins en moins d'opportunités pour les

entreprises étrangères en Chine. Il ne s'agit pas d'une fermeture du

marché chinois, mais d'une baisse relative de la compétitivité des

entreprises étrangères.

D'après Feng Zhongping, expert des questions

européennnes relevant de l'Institut des relations internationales

contemporaines de Chine, les remarques d'Alstom temoignent de la

crise en Europe et de son inquiétude face aux produits chinois. Les

industries chinoises à forte intensité de main d'oeuvre se transforment

actuellement en industries de haute technologie.

Selon lui, face à la crise financière, le

protectionnisme de l'Europe se fait sentir de jour en jour. Les conflits

commerciaux entre la Chine et l'Europe pourraient se multiplier dans

l'avenir.

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