BEIJING, 6 janvier -- L'appel
du groupe français Alstom au boycott des trains chinois est sans aucun
fondement et reflète son manque de confiance face à la crise financière
mondiale, a rapporté le Global Times dans son édition de mardi.
Philippe Mellier, directeur d'Alstom Transport,
branche ferroviaire du groupe industriel français, a déclaré le 2 janvier
au quotidien économique britannique Financial Times que les pays
occidentaux devraient refuser d'acheter des trains chinois, arguant
de la fermeture progressive du marché chinois aux fournisseurs étrangers.
Il a critiqué le fait que les trains fabriqués par la Chine pour
l'exportation avaient utilisé des technologies étrangères, fournies, selon
lui, à condition qu'ellesne soient pas utilisées en dehors de la Chine.
Ces remarques ont provoqué de vives réactions parmi
les Chinois,surtout les professionnels du secteur de la fabrication des
trains.
Selon le Global Times, les autorités chinoises des
chemins de fer affirment que la Chine n'a signé aucun contrat de nature
exclusive au cours de sa coopération avec les entreprises
étrangères. Il n'existe donc pas de contraintes concernant
l'exportation des technologies vers un autre pays, sans compter que
la propriété intellectuelle des technologies exploitées dans le cadre de
cette coopération appartient à la Chine. Il faut noterque les entreprises
étrangères ont déjà obtenu leurs bénéfices.
Face à la crise financière mondiale et à la
stimulation de lademande intérieure en Chine, les géants occidentaux du
secteur ferroviaire auront plus de mal à se procurer des contrats sur le
marché chinois et international. Le Global Times souligne que les
remarques de Philippe Mellier ne sont qu'une excuse pour
expliquerles difficultés rencontrées par la société en Chine.
Les professionnels chinois de la fabrication de
locomotives estiment également que l'accusation d'Alstom en matière de
"vol" par la Chine des technologies étrangères est sans fondement.
C'est une coopération que les entreprises chinoises
et étrangères mènent, pas un mélange de capitaux. C'est par voie
d'apprentissage, de digestion et d'assimilation que la Chine a réuni
une série de technologies qui doit appartenir à la Chine du point de vue
juridique.
Le journal affirme que les trains exportés par la
Chine vers la Malaisie et des pays africains utilisent tous des
technologies existant depuis longtemps et que la vitesse de ces trains se
situeà environ 160km/h.
Quant aux techniques des trains à grande vitesse CRH
exploitées conjointement par la Chine, le
Japon, la France et l'Allemagne, elles ne sont utilisées que dans le
transport ferroviaire intérieur du pays et n'ont pas été exportées.
Actuellement, le marché des trains en Europe, aux
Etats-Unis et en Russie n'est pas ouvert à la Chine, alors que le marché
chinois du transport ferroviaire et de la fabrication des
locomotives est très ouvert et accessible aux entreprises
étrangères.
Par contre, la Chine s'est heurtée à de nombreuses
difficultés en essayant d'entrer sur le marché européen. La Chine et la
Hongrie envisageaient de coopérer sur un projet ferroviaire, mais
l'Union européenne a catégoriquement refusé.
La Chine possède maintenant des technologies
avancées sur le plan de la fabrication des trains, et ses entreprises
bénéficient d'un coût de revient relativement bas par rapport à la
concurrenceinternationale, indique le Global Times, citant l'économiste en
chef adjoint de la China South Locomotive Rolling Stock
Corporation Limited, Wang Gongcheng.
Rien qu'en 2008, cette entreprise chinoise a signé
des contratsd'exportation d'une valeur de plus de 700 millions de dollars,
contre seulement des dizaines de millions de dollars en 2000.
Le Global Times indique que ces dernières années, le
secteur dela fabrication des trains chinois s'est rapidement développé. Il
existe par conséquent de moins en moins d'opportunités pour les
entreprises étrangères en Chine. Il ne s'agit pas d'une fermeture du
marché chinois, mais d'une baisse relative de la compétitivité des
entreprises étrangères.
D'après Feng Zhongping, expert des questions
européennnes relevant de l'Institut des relations internationales
contemporaines de Chine, les remarques d'Alstom temoignent de la
crise en Europe et de son inquiétude face aux produits chinois. Les
industries chinoises à forte intensité de main d'oeuvre se transforment
actuellement en industries de haute technologie.
Selon lui, face à la crise financière, le
protectionnisme de l'Europe se fait sentir de jour en jour. Les conflits
commerciaux entre la Chine et l'Europe pourraient se multiplier dans
l'avenir.

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